Ouvrages

La fin de l’histoire, épiphanie des religions. Acte psychanalytique et acte philosophique

A paraître en 2019 aux éditions Parole et Silence

Partager

L’intention est dans ce volume de s’attacher à l’acte de la philosophie en tant qu’elle engage l’histoire universelle et vise à la mener jusqu’à son terme, à réaliser la société juste. Le problème de l’acte tel qu’il se pose dans la pensée contemporaine étant envisagé dans l’introduction générale en lien avec la manière dont il se pose dans les romans de Jean Giono.

Trois moments dans cette analyse : l’acte comme libération, l’acte comme responsabilité, l’acte comme révélation.

L’acte psychanalytique tel que Lacan l’a présenté (celui qu’accomplit le psychanalyste par rapport au patient-analysant) est un modèle pour comprendre l’acte philosophique ; il montre comment un discours peut produire un effet essentiel sur celui auquel il s’adresse, le faire devenir lui-même cause, le libérer.

Certes, dans l’histoire universelle, la philosophie se heurte à l’obstacle de la passion sacrificielle du sujet social, du peuple, qui ne veut pas être libéré pour laisser advenir l’individu, mais libéré de l’exigence d’avoir à le laisser advenir. Et seule la religion, une religion vraie, peut le décoller de cette passion. 

Mais la philosophie semble bien malgré tout, dans l’histoire, accomplir son acte, mener l’histoire jusqu’à sa fin, exercer la responsabilité qu’elle s’est donnée. C’est du moins la thèse partout ici soutenue.

Reste que la philosophie ne parvient pas par elle seule à faire accepter cette fin de l’histoire et que, depuis la Révolution française, depuis que cette fin est envisagée comme allant survenir, il apparaît que le sujet social, le peuple, n’en veut pas, qu’il cherche toujours des responsables au sens de coupables. Ce qui s’est manifesté dramatiquement dans le Goulag et dans l’Holocauste et qui se manifestera toujours en quelque manière (dans le terrorisme notamment).

Si elle veut faire accepter par le sujet social la fin de l’histoire, la fixation, dans le monde social, de la finitude de l’humain, la philosophie doit finalement faire référence à la religion. Et d’abord à la révélation qui garantit à la religion sa vérité. Révélation prophétique dont la philosophie doit donner une interprétation objective dans le savoir, et dont le terme ultime est le Dieu trinitaire du christianisme.

La philosophie a encore à montrer que cette révélation se retrouve implicitement dans toutes les grandes religions, toutes nécessaires dans leurs différences. La fin de l’histoire, le monde juste, doit valoir pour tous. Chaque existant doit pouvoir accueillir pour lui-même comme individu l’élection, primordialement accueillie par le peuple juif, mais proposée à tous les hommes.0101